Autant le dire tout de suite, je suis un vieux, enfin, aux yeux de ma fille de 13 ans. Au moment où j’écris ces lignes, j’approche la cinquantaine. Je me retourne que très rarement sur mon passé. Mais lorsque je le fais et que je vois le chemin parcouru, je réalise tout ce qui reste à accomplir en si peu de temps. Pourquoi n’ai-je pas commencé à dessiner sérieusement il y a 20 ans ? C’est idiot comme réflexion, car c’est comme planter un arbre, oui, le meilleur moment était il y 20 ans.

Planter un arbre !

J’admire les gens qui, jeunes, se lancent dans un projet et s’y tiennent. Comme mes amis Lucien Roy et Adrien Boii, se sont levés un matin avec une idée précise et s’évertuent jour après jour à atteindre leur idéal. En ce qui me concerne, le cheminement s’éternise. Bien sûr, ça fait pratiquement 15 ans que je vis mon 1er rêve : être indépendant. Je crée, compose et mets en page des documents commerciaux. Ce métier de graphiste, je l’ai voulu et je l’aime bien. Mais travailler de mon dessin reste une quête résolument inaccessible. Quoi que j’entreprenne, chaque tentative se solde par un échec. Je ne peux pas dire combien d’arbres n’ai-je jamais plantés. Pourtant aucun n’a poussé. Les raisons sont multiples : manque d’entretien, sol infertile, mauvais choix de graines, et bien autres excuses.

Force est de constater qu’aujourd’hui mes tentatives sont infructueuses. Dois-je m’arrêter de planter des arbres ? J’en éprouve souvent le désir. D’ailleurs ici, je me pose la question de savoir pourquoi je m’acharne encore et encore à publier des dessins, lu uniquement par une ou deux lecteurs. Pourtant, je dessine toujours. Je cultive le secret espoir de croire que mes « petits Mickey » intéressent quelqu’un. Un peu comme ce personnage d’Avatar qui se bat seul pour protéger sa forêt, j’aiguise mes crayons pour donner un sens ce que je fais. C’est mon combat contre mes moulins.

Le meilleur moment pour planter un arbre, était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant. Je crois que ma quête c’est de planter des arbres même s’ils ne poussent pas. J’aurai au moins essayé. J’aurai eu cette part de rêve qui m’a permis d’être ce que je suis. Est-ce un échec en soi ? Je n’en sais rien, mais en tout cas j’avance, car c’est le seul chemin.

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